16.11.2005
la routine....
"Ils" me laisse un peu de répit; je peux m'acquitter des mes diverses tâches ingrates et ménagères.
Je dois m'astreindre à suivre scrupuleusement un planning très chargé afin de venir à bout de toutes ces corvées.
Dès l'aube, je me colle à l'inspection de la chambre.
Tout d'abord, vérification du système d'accrochage des tentures et rideaux. C' est un examen éprouvant sur le plan physique puisqu'il s'agit de se hisser le plus haut possible grâce à la force de mes petites pattes avants.
Rapport: Les tentures tiendront le coup encore quelques temps mais il faudra prévoir autre chose pour le rideau gauche dont la maille est un peu lâche.
Je passe ensuite et sans tarder aux tables de nuit. Mes humains y accumule des tas de trucs: livres, magazines, sous-vêtements, mouchoirs; on y trouve aussi un cendrier, un réveil-matin, et un...rhooo!!
Bref, tout un fourbi à explorer.
Je n'ai pas du tout, mais alors pas du tout apprécié les bouquins. L'encre noire m'a laissé un goût amer sur la langue. Pour me venger de cette infection gustative, j'ai décidé de les faire tomber un par un. Malheureusement, le tome 4 des "Annales du disque-Monde" était coincé sous le fil du réveil et a entraîné ce dernier dans sa chute. Ca a fait un drôle de bruit à l'impact et tout de suite après le réveil s'est mit à débiter des âneries parfaitement ineptes du style « Vous écouter radio Trucmuche, il est 5h37, tout de suite Marinette Clairon pour l'info-trafic... »
Et bien, ça ne lui a pas plu à mon mâle, l'info-trafic de Marinette. D'un bond assez impressionnant pour un humain, il était sur le réveil et le tapotait dans tous les sens en proférant des insanités.
Au bout de plusieurs longues secondes de manipulations diverses, Marinette s'est tue pour laisser la place à un remix techno de « Seven Nation Army ». Là, c'est ma femelle qui s'est réveillée en demandant au mâle s'il comptait bientôt arrêter ses conneries.
Mon mâle a prit une profonde inspiration, il a débranché le réveil d'un coup sec et il est retourné se coucher non sans m'avoir lancé son drôle de regard...
Rapport: ils pourraient ranger un peu leur table de nuit et ce genre de choses n'arriveraient pas.
Je décidai de remettre à plus tard le reste d'inspection de la chambre me contentant pour l'heure d'un rapide coup d'oeil sous le lit où j'avais trouvé une fort belle araignée l'autre fois... RAS.
Je passe au salon.
Oh! Ils m'ont installé une nouvelle litière sur la table basse. Je suis touché par l'attention mais je trouve le choix de l'emplacement quelque peu saugrenu. Perplexe, je vais voir de plus prêt. C'est une belle litière design en verre.
Rapport: Il faudra que j'essaie d'expliquer à mes humains qu'il n'était pas nécessaire de l'emplir de fruits secs; franchement, les granulés ordinaires auraient largement suffit et sont nettement plus pratiques.
Il me faut maintenant vérifier le coin de la plante verte. C'est un travail minutieux et salissant, surtout l'expertise du terreau. L'un dans l'autre, cette tâche me prendra bien une grosse demi-heure.
Rapport: Terreau onctueux. Feuilles peu digestes.
La première partie de mon inspection est terminée. Mes humains émergent de la chambre et je les suit jusqu'au frigidaire dont ils sont les seuls détenteurs des secrets d'ouverture (les mauvaises langues diront que c'est uniquement pour ça que je garde mes deux comiques, mais c'est complètement faux, à force, on s'attache à ces bêtes là.).
J'ai droit à une pâtée au boeuf. Ce n'est pas ma marque préférée et j'y touche à peine. Il faudra que je repasse plus tard par la cuisine, fouiner un peu à la recherche d'un de ces délicieux lien de sacs poubelles afin de compléter ce repas frugal.
Je vais m'accorder un peu de repos avant de reprendre mes multiples besognes d'honnête chat consciencieux. Il faut que je puisse être en forme, frais et dispo à tout moment pour le cas où « ils » reviendraient.
Pendant ce temps, à la table du petit-déjeuner, le nez dans leur café, mes humains entretiennent une conversation animée au cours de la quelle l'acronyme S.P.A. revient souvent.
Je m'installe avec précaution dans un des fauteuils du salon et je les laisse dire.
« Zorro is still alive », le reste est accesoire.
15:24
Écrit par Zorro the cat
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12.11.2005
Ou je finis en taule...(IV)
Fait comme un rat (le comble pour un félin); j'ai les griffes encore profondément enfoncées dans la couverture de l'agenda et je ne réagit pas assez vite. "Ils" me fixent avec horreur et je suis paralysé par leurs regards comme, heu..., comme un lapin dans les phares d'une voiture (un lapin, maintenant, de mieux en mieux...).
Mon mâle s'approche de moi et il n'a pas l'air ravi de mon initiative. C'est sur, avec ces humains-là, j'ai pas tapé dans ce qu'il y avait de plus malin. Je me mets en quatre pour garantir la sécurité du logis et cet âne bâté, ce monstre d'ingratitude me fait les gros yeux comme si j'avais commis quelque crime crapuleux!
Désepéré, je tente une ultime parade. Ma ruse n°341 bis, le grand regard étonné et innocent:"Oh, ben ça alors, ce n'est pas mon grattoir...hi,hi, qu'elle effroyable méprise! C'est un affreux malentendu, je peux tout vous expliquer, dans deux minutes vous en rirez...".
Tu parles, Charles!, non seulement personne n'a rit mais mon mâle m'a désolidarisé sans ménagement de l'agenda outragé.
Je remarque alors que la "cucaracha" s'est enfin tue. La femelle au sac a décroché son téléphone: "- Scuze-moi, j'ai pas pu décrocher tout de suite à cause du chat; j'espère qu'il a pas fait pipi sur mon sac ce con!"
Faire pipi sur son sac? C'est pas une mauvaise idée!
Cependant, sur l'heure, j'ai d'autres soucis. Mon mâle m'a soulevé de terre et m'entraine vers une autre pièce en répétant "vilain chat, vilain chat..." comme un idiot.
Il me jette littéralement dans le bureau et referme sur moi la lourde porte en pvc. Je me retrouve seul, vaguement satisfait d'avoir au moins pu porter un coup décisif à l'ennemi (je l'ai pas loupé, l'agenda) mais cruellement conscient de la dure lutte qui m'attend encore.
Demain,dans quelques heures, dans une éternité, la porte de ma prison s'ouvrira et les envahisseurs auront probablement quittés provisoirement les lieux. Je retrouverai mes humains hébétés de la fulgurance de l'invasion. Ma femelle riant bêtement, prétextant que "ces petites bières" lui sont montées à la tête ou mon mâle affalé sur le lit ronflant comme un zeppelin.
Ici prend fin le récit d'une battaille perdue, commencé (le récit, of course) quelques posts plus bas et au cours de laquelle il m'est arrivé bien des choses, entre autre, des problèmes de syntaxe, de concordance des temps et une phrase contenant deux fois "décrocher" dont je vous prie, plus ou moins humblement, de m'excuser.
Je n'ai plus qu'une chose à ajouter, mais vous le savez déjà: "Zorro is still alive" !
14:27
Écrit par Zorro the cat
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09.11.2005
Dessus la commode...(III)
Dessus la commode, j'ai repéré ma cible. Un sac en tissu léger nonchalamment abandonné au pied d'une chaise.
Je pourrais l'atteindre d'un ou deux bonds précis, déployant ainsi le concentré de grâce et de souplesse féline dont dame Nature m'a généreusement doté, mais je préfère ne pas attirer l'attention.
Je vais me laisser glisser du haut de mon perchoir, atterir silencieusement, louvoyer avec agilité entre les obstacles qui me séparent de la proie (pieds de table, de chaises, du guéridon, d'humains éventuellement...). Là, je m'occupe du sac. Une frappe chirugicale et hop! vif comme l'éclair, je file.
Impeccable! Un plan pareil, ça peut pas rater!
L'opération "chat furtif" ne fut pourtant qu'un demi-succès. Mon approche se passa bien: malgré une réception un peu plus hasardeuse que prévue à l'aterrissage, j'avais su me faufiler jusqu'à la cible.
Au départ, je voulais me contenter de faire quelques accrocs dans le tissus mais le sac contenait un agenda à couverture néoprène sans défense. Je n'ai pu m'empêcher d'y goûter. C'était immonde, fade et caoutchouteux. Dans les secondes qui suivirent, je découvris avec joie que bien que non comestible c'est absolument et génialement grattable.
Je m'en donnais à coeur joie et en toute impunité lorsqu'un évènement imprévu vient troubler la fête. Le sac se mit à vibrer sous mes pattes, ensuite une musique effroyable empli l'espace (la cucaracha, je crois...). A cet instant précis, "ils" tournèrent tous vers moi un regard mauvais.
Zorro est, certes, en mauvaise posture mais qu'"ils"ne se fassent pas trop d'illusions: "Zorro is still alive"...
18:06
Écrit par Zorro the cat
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07.11.2005
(parenthèse)
Juste une parenthèse. J'ai intercepté un de" leurs" messages. C'est comme ça qu'"ils" me voient : Zorromikaze!
Ca prouve qu'"ils" ont un peu peur de moi et c'est une bonne chose.
D'un autre point de vue, ça prouve qu'"ils" n'ont pas tout compris, si j'étais vraiment Zorromikaze, je ne prendrais pas la peine de clâmer haut et fort et à qui veut l'entendre que " Zorro is still alive"
11:15
Écrit par Zorro the cat
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Dessous le buffet...(II)
Dessous le buffet, donc, j'observe les envahisseurs prendre possession du salon. L'un d'eux va même jusqu'à s'asseoir sur le pouf blanc, mon pouf! Je ne peux réprimer un frisson d'horreur mais je me console vite: mon pouf est plein de mes poils blancs et ce malandrin porte un pantalon noir.
Ils se mettent à parler tous en même temps et leur brouhaha hideux rempli la pièce. Mes humains, serviles, apportent les boissons dans de grands verres et tentent de les amadouer par l'exorcisme suivant: "Encore une petite bière?". Tapi dans l'ombre, j'attends mon heure.
Au bout d'une vingtaine de minutes de réflexion, il me semble judicieux de tenter quelque chose. Je sors de ma cachette le plus discrètement du monde et je vais me poster sur la commode. D'ici la vue est bien meilleure et "ils" ne semblent pas s'être aperçu encore de ma réapparition. Pour brouiller les pistes, je m'assied bien droit et je gonfle les poils de ma poitrine. Je me tiens immobile comme un sphinx antique. S'"ils" me voient, "ils" seront peut-être impressionnés par ma majesté.
C'est alors que j'ai repéré ma proie. Juste derière la chaise d'une femelle à la voix aigue et au léger accent espagnol. C'est un sac en tissu. Les humains souffrent quand on s'attaque à leur sac...celui-ci devrait être abîmé facilement.
Il me reste à l'atteindre sans éveiller les soupçons. Je fais mine de m'intéresser à un point fixe du plafond et je ricane intérieurement. "Ils" peuvent bien prendre encore "une petite bière"; "Zorro is still alive" et son nouveau plan est parfait!
11:07
Écrit par Zorro the cat
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03.11.2005
Ils ont gagné une bataile...(I)
.....mais pas la guerre!"Ils" sont venus, ils ont bu l'apéro, ils ont vaincus.
J'enrage!
J'avis pourtant prévu un plan de bataille (glacial et) sophistiqué, en plusieurs phases.
Tout d'abord, je m'étais positionné derrière la console du téléphone, juste au bout du couloir d'entrée sur la gauche. De cette façon les ennemis ne pouvaient m'apercevoir directement et j'étais prêt pour l'embuscade.
Un premier pied passe à ma portée. Je lui saute dessus, bondissant hors de ma cachette comme un diable de sa boîte. Je cherche les lacets; les lacets sont les points faibles des pieds, tout bon chat sait ça. C'est plus difficile que prévu, un bas de pantalon trop grand et trop large recouvre presque entièrement le pied. Une foultitude d'odeurs mélangées me court-circuite la belle suite que j'avais dans les idées. Je lutte comme je peux mais le chatoiement olfactif est trop intense et mon instinct prend le dessus: je dois renifler ce bas de pantalon, je dois découvrir où il a trainé, ...ça...ça...ça m'écoeure.
Je reprends mes esprits juste à temps pour voir une main descendre vers moi, elle va me toucher; j'entends un "salut, le chat.." C'est intolérable!
Dans un ultime élan de lucidité, je balance un bon coup de patte à la main et je suis forcé de battre en retraite sous le buffet.
Une fois à l'abri, je ne suis pas bien fier de moi.
La terrible arme hypno-chimique de ce bas de pantalon m'a fait commettre une grave erreur. Je ne soupçonnais pas qu'"ils" étaient capables d'une ruse aussi subtile. Je m'en veux atrocement de les avoir sous-estimés.
Je dois me reprendre, faire le point.
De ma cachette, je peux me livrer à une de mes activités préférées:"voir sans être vu".
Je compte une bonne douzaine de pieds, plus les quatres de mes humains personnels. D'après mes connaissances anatomo-arithmétiques, je dois m'attendre à à peu près autant de mains. Ca s'annonce plutôt serré.
Cependant, j'ai un gros avantage sur eux.
Je sais qui "ils" sont.
Je sais qu'"ils" ont tous fait leur cette ignominieuse sentence "Zorro must die". Que mes partisans se rassurent "Zorro is still alive "; aujourd'hui plus que jamais.
15:36
Écrit par Zorro the cat
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31.10.2005
le noeud du problème
Le noeud du problème tient à ce que mes humains ne savent pas se tenir justement.
Non contents de bénéficier de mes nombreuses largesses et de mon indéniable savoir-faire: décoration d'intérieur, customisation des fauteuils, lacération minutieuse des coussins, jardinage (j'aide à répandre le terreau sur la moquette), réveil-calin, léchouille de plante de pieds...., ils sont toujours incapables de veiller à l'intégrité de mon territoire.
J'aurais peut-être du prendre des humains "de garde", moins beaux mais plus fiables.
Toujours est-il qu'il ne se passe pas une semaine sans que je n'ai à repousser une invasion.
Un peu avant l'attaque, mes humains semblent inquièts et s'agitent beaucoup. Ils passent l'aspirateur, ramassent leur chaussette de la veille abondonnée au pied du canapé (oui, vous avez bien lu leur chaussette, l'autre je l'ai rangée sous la bibliothèque pour leur rendre service), mettent de la musique, apportent avec déférence diverses victuailles sur la table basse; sans doûte pour apaiser la colère de nos futurs assaillants car je n'ai pas le droit d'y toucher; et finissent par l'incantation rituelle "Tout est prêt pour l'apéro!".
C'est alors que les choses se gâtent.
Une sonnerie stridente retentit. Le plus souvent, la femelle hurle depuis la salle de bain "Va ouvrir mon chéri, je suis occupée à me remaquiller".Pauvre créature qui croit qu'un peu de noir aux yeux et de rouge aux lèvres suffiront à effrayer les envahisseurs...
Le mâle, de son coté, ne fait guère d'effort pour bloquer la porte, quelques secondes suffisent à l'ennemi pour envahir la place.
Et, ensuite....oh mon dieu! Ca recommence! "Ils" sont de retour...Je dois vous laisser à présent et me battre vaillament, il n'y a qu'une chose qu'"ils" ne doivent pas oublier: "Zorro is still alive" !
20:20
Écrit par Zorro the cat
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29.10.2005
Zorro is still alive
Une vie de chat, ce n'est pas toujours aussi simple que ce qu'on s'imagine généralement.
Je m'appelle Zorro et malgré mes airs de siamois aristocratique , je ne suis pas un chat de la haute, juste un "de gouttière" gâté par la nature.
Je n'étais encore qu'un jeune chaton lorsque j'ai adopté mes deux humains. J'ai pris un couple, ils devaient être en réduction:" deux humains pour le prix d'un". J'ai sauté (toutes griffes dehors) sur l'occasion.
Ils sont relativement gentils, malgré tout un tas de mauvaises habitudes auxquelles il m'est extrêmement difficile de les faire renoncer. Cette manie qu'ils ont de crier "non le chat!" d'un air affolé dès que je fais un peu de sport dans les rideaux du salon ou que je fais quelques tests sur les lois de la gravitation universelle (ils ne voient visiblement pas l'intéret de calculer l'accélération d'un vase de chine lors de sa chute du haut du buffet jusqu'au sol carrelé).
Cependant si je prends la parole aujourd'hui, ce n'est pas pour me plaindre de ces broutilles, mais parce qu'une terrible menace plane actuellement au ras de mon charmant museau.Je ne peux vous en dire plus pour le moment, "ils"sont peut-être déjà au courant que je vous parle.Je n'ai pas peur d'eux et de leurs stratagèmes, ils doivent ne doivent savoir qu'une chose: "Zorro is still alive" !!
Et ça ne fait que commencer.
17:47
Écrit par Zorro the cat
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